Les logements étudiants Tendance : La colocation

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Les français adoptent la colocation
L’auberge espagnole, Friends … la colocation est à la mode. C’est, en effet, le meilleur moyen de disposer d’un appartement assez grand avec un budget raisonnable. Reste ensuite le fait de vivre à plusieurs, ce qui n’est pas toujours évident…
Apres l’Espagne et l’Allemagne, le phénomène de la colocation se développe de plus en plus en France. Selon la CAF de Paris (Caisse d’Allocation Familiale), 18 000 colocataires ont déjà adopté ce système dans Paris et la région parisienne. Il s’agit surtout d’étudiants de 18-34 ans. Mais face à la hausse des loyers et à la difficulté de trouver des surfaces correctes à des prix raisonnables, la colocation attire non plus seulement les jeunes mais aussi des 35-49 ans (divorcés ou vivant la semaine sur Paris).
La colocation n’est pas toujours simple à mettre en œuvre. En France même si l’on constate une évolution des mentalités, les propriétaires disposant de grands appartements sont encore réticents à l’idée de louer à plusieurs étudiants. Le statut du colocataire est simple. Il est solidaire des obligations vis-à-vis du bailleur. Notamment pour le paiement du loyer.
Bien choisir ses colocataires est primordial. Le « casting » est important. Et la sélection est rude. Nombreux moyens de trouver le parfait colocataire s’offrent aux étudiants : bouche à oreille, amis, petites annonces ou autres façons plus informelles. Internet reste le moyen le plus répandu. De nombreux sites mettent en relation ceux qui cherchent et ceux cherchant un colocataire.

A Paris, par exemple, dans une boite de nuit, il existe une fois par mois, les soirées “Etat des Lieux” organisées par le site Roomlinker. Concept qui consiste à trouver l’appartement de ses rêves dans une bonne ambiance. Mais cet engouement pour la colocation a tendance a favoriser une hausse des prix. Exemple avec une chambre de 15 m2 dans le quartier de République à Paris ou le montant du loyer s’élève à 450 euros. Presque le prix d’un studio …Témoignage : un appartement pour deux
Après avoir partagé une chambre en campus universitaire, Renaud étudiant en école de commerce, décide de prendre une colocation.Pas de difficulté particulière pour trouver son colocataire puisqu’il choisi d’emménager avec son compagnon de chambre. « Nous nous étions très bien entendu dans 9 m2, il n’y avait aucune raison que l’on ne se supporte pas dans un appartement de 70 m2 » déclare Renaud.Suite à leurs recherches, ils trouvent enfin la perle rare : un appartement au plein cœur de Paris, bien agencé, « parfait pour une coloc » affirme-t-il.
Etudiant avec de mince revenu, la colocation est une évidence pour lui : « c’est un moyen de prendre une certaine indépendance sans être seul ». Le fait de bien connaître son colocataire à facilité la vie à deux. Le dialogue est beaucoup plus accessible selon lui : « je connais le caractère de mon coloc, je sais comment lui dire les choses qui fâche ».

L’aspect financier de ce type de logement n’est pas négligeable et a même été un élément déclencheur pour Renaud : « La colocation m’a donné le luxe d’être exigeant, j’ai pu trouver un appartement dans un bon quartier et jouir d’une bonne qualité de vie ».
Mais ce mode vie demande de la diplomatie, de l’organisation et surtout une bonne adaptation. « Nous avons un emploi du temps totalement différent cela nous permet de nous croiser assez rarement ». Dés le début de leurs vie commune, Renaud et son coloc ont fixé des règles. Le respect en est la première. Les pièces communes doivent être à disposition de l’autre et chacun un étage pour le frigo. Ils n’ont rien acheté en commun. Lorsqu’un achète le four, l’autre la machine à laver. Tout est clair et bien défini au départ. Le bail de location comporte une clause de solidarité, « ce qui nous permet l’un comme l’autre d’être protégé » souligne Renaud. Le paiement du loyer est divisé, tout comme les factures.
Mais au delà de tous ces aspects pratiques (bien qu’ils soient utiles afin d’éviter les drames) la vie en colocation n’est pas toujours très facile : « Je manque d’intimité, regrette Renaud, je ne me sens pas totalement chez moi ». La colocation impose des compromis : « J’ai appris à vivre sans musique, avant je ne pouvais pas m’en passer » souligne-t-il.
Après trois ans de vie en commun, Renaud éprouve le besoin de vivre seul : « J’ai grandi, affirme-t-il, je n’ai plus les même attentes qu’au départ ». Les raisons qui ont motivé Renaud à prendre une colocation sont les mêmes qui l’en on fait partir. Ayant trouvé récemment un travail, il souhaite prendre son indépendance. Cette expérience lui a apporté une certaine maturité qui lui permet aujourd’hui de pouvoir vivre seul. La bail du colocataireIl n’existe pas de bail type pour contractualiser une colocation. Ce mode de logement est régi par la même loi que les locations classiques.
Cependant, la présence de plusieurs colocataires implique des règles d’usages spécifiques : Le bail doit être signé par tous les colocataires. Si un habitant du logement n’apparaît pas sur le bail, il est considère comme simple occupant. La signature de tous les colocataires assure à chacun les mêmes droits et les mêmes devoirs. Par exemple, si un non signataire ne paye pas sa part du loyer, le propriétaire se retournera contre les colocataires mentionnés sur le bail.La signature de tous les colocataires ne règle pas tous les problèmes. De nombreux propriétaires, par sécurité, insèrent dans le bail une clause de solidarité. Celle-ci indique que chaque colocataire est responsable de la totalité du loyer, des charges dues et des dégradations locatives éventuelles, et ce jusqu’à la fin du bail. Elle va même plus loin puisqu’elle lie les personnes qui se portent caution.Lorsqu’un colocataire déménage, il doit envoyer un préavis de départ au propriétaire dans le délai mentionné sur le bail. En revanche, si le bail ne comporte aucune clause de solidarité, le locataire qui souhaite quitter le logement devra continuer à payer sa part du loyer jusqu’au terme du bail.Dans tous les cas, qu’il y ait une clause de solidarité ou non, le colocataire quittant le logement ne peut exiger de se voir remettre sa part du dépôt de garanti avant la fin du bail.Il devra donc attendre la fin du bail pour récupérer sa caution.

Source: http://immobilier.nouvelobs.com/article_301.html

La colocation : mode passagère ou phénomène de société ?

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Dans “l’air du temps”, la colocation est probablement plus désirée que pratiquée. Mais l’engouement qu’elle suscite, amplifié autant que reflété par les médias qui en on fait un thème fétiche, révèle un phénomène qui dépasse la simple recherche d’un remède à la pénurie de logements à louer ! A preuve le succès des “jeudis de la colocation”, organisés par les animateurs des sites d’annonces, eux-mêmes très fréquentés, mettant en relation les candidats à ce type de location ! Pourtant l’aventure pour ceux qui s’y lancent, souvent sans se connaître auparavant, n’est pas sans risques : relationnels bien entendu, mais aussi juridiques et financiers, les règles de droit en matière de baux à preneurs multiples étant tout sauf intuitives… Il en faut cependant plus pour décourager les volontaires, qui ne voient dans un premier temps dans la formule que les avantages : possibilité de vivre dans un logement plus spacieux (voire louer une maison entière), mais surtout remède à l’isolement…

 

Un phénomène statistiquement difficile à évaluer

Difficile de connaître le nombre de vraies colocations, qui ne soient pas des couples, ou des fratries… La pratique de la colocation se rencontre sans surprise de préférence chez les jeunes, étudiants ou jeunes urbains démarrant dans la vie active et encore célibataires. L’Observatoire de la vie étudiante (OVE), qui a interrogé 26.500 étudiants en 2000 pour un rapport sur le logement étudiant au ministre de l’éducation (1), évalue à un peu moins de 10% ceux des “décohabitants” (habitant hors de leur famille) ayant choisi ce mode de logement, auxquels il faut probablement ajouter une partie des quelques 4% qui ont déclaré habiter en sous-location, contre 13% habitant en couple, 30% seuls, et une même proportion en foyer, résidence scolaire ou résidence universitaire.

Concernant l’ensemble des locataires, des chiffres de 6 à 10% circulent dans la presse, probablement des estimations au “doigt mouillé” des professionnels, agents immobiliers ou administrateurs de biens, difficiles à vérifier…

En tous cas des témoignages concordants attestent que la colocation se pratique désormais au dessus de 30 ans : hommes ou femmes séparés, cadres en poste loin de leur lieu de résidence et prenant un pied à terre pour la semaine, etc.

Solution pour se loger ou pour ne pas vivre seul ?

Popularisée par des films et des séries de télévision, la colocation n’est pas seulement un moyen de trouver plus facilement un logement ! D’ailleurs est-ce vraiment le cas ? Si les propriétaires ne sont pas trop regardants tant qu’on ne dépasse pas deux ou trois colocataires, ils deviennent plus méfiants et réticents au delà : certes, le partage du loyer entre plusieurs cotitulaires en sécurise le paiement, mais la crainte d’un usage des lieux peu conforme à l’image du “bon père de famille” et celle d’un “turn-over” difficile à maîtriser en détourne plus d’un !

Sans chercher un éventuel retour aux rêves communautaires des années 70, le goût pour la colocation reflète l’anxiété de la solitude et l’attrait du partage d’une expérience de vie avec d’autres ; pour les introvertis, la colocation peut avoir une valeur thérapeutique…

C’est en tous cas ce qui ressort des très nombreux témoignages glanés par la presse pour illustrer le phénomène (2) ! L’Institut national des études démographiques (INED) s’est y est penché à l’occasion du recensement de 1998. “Le monde urbain a exacerbé la notion du chacun chez soi”, commente la démographe Denise Arbonville, rapportée par le magazine Femme Actuelle. “Maintenant, on vit longtemps chez ses parents ou tout seul, trop seul, d’où l’intérêt nouveau que suscite la colocation, ce principe qui permet à des adultes de revivre ensemble.” Et pas forcément comme un prélude à la vie de couple : elle peut même lui succéder.

En tous cas, elle constitue une bonne préparation ! Michel Fize, sociologue au CNRS, cité par le même article constate que la vie en colocation paraît simple mais impose des règles strictes, “une discipline communautaire plus contraignante que pour un couple homme-femme, par exemple, où la répartition des corvées s’effectue sur la base des traditions et des sentiments.” La colocation repose sur le partage des tâches. Le paiement du loyer, les courses et le ménage doivent être uniformément répartis…

Le “hic” est que l’apprentissage à en général lieu “sur le tas”, et que l’expérience - c’est une autre constante qui ressort nettement des témoignages - n’est mise à profit qu’à la deuxième ou troisième colocation, pour ceux qui n’en sont pas définitivement dégoûtés !

La vie en colocation n’est pas un long fleuve tranquille…

Des disputes sur la surface d’étagères occupée dans le réfrigérateur à la découverte de profondes et irrémédiables incompatibilités de fond, en passant par l’inévitable perturbation causée par l’irruption périodique de tiers, ami(e)s ou petit(e)s ami(e)s, les causes de friction ne manquent pas, surtout quand l’acceptation des obligations financières et contraintes matérielle de la vie commune (ménage, rangement, respect des autres mais aussi une nécessaire tolérance, au moins jusqu’à un certain point…) n’est pas la même pour tous, ou que tous n’ont pas le goût pour une existence monacale…

Peuvent aussi intervenir de réelles difficultés : maladie, chômage, déprime, voire pire…

Petits ou gros problèmes, le groupe ne pourra y faire face qu’à condition d’avoir anticipé ! Une fois la cooptation faite en évitant autant que faire se peut les erreurs de “casting”, mieux vaut tout prévoir en détail : de la répartition des parties communes et des pièces attribuées à chacun, à la gestion quotidienne, aux comptes et à l’alimentation de l’inévitable “pot commun”, ou de la répartition des tâches et des corvées aux dispositions en cas de départ d’un colocataire, ou pire, en cas de mise en cause de la volonté de résider ensemble !

Plus le nombre de colocataires est important, plus la rigueur est de mise et on ne devine pas forcément que derrière une colocation à la “Friends”, il y a pour que cela fonctionne une redoutable organisation et probablement un contrat rédigé par des avocats tatillons à l’américaine…

D’autant que le droit français et son application dans les cas litigieux n’est pas des plus limpides ni des plus favorables aux colocataires : solidarité de fait et de droit, indivisibilité des obligations vis à vis du bailleur, indivisibilité des cautionnements apportés par les uns et les autres constituent certes des protections des co-preneurs entre eux et notamment de ceux qui restent à l’égard de ceux qui quitteraient le navire avec trop de légèreté, mais aussi une contrainte qui les ficèle ensemble plus qu’ils ne le croient sans régler pour autant leurs rapports quotidiens (notre article de novembre 2002) !

Pour la première fois, un modèle de “pacte de colocation” est proposé dans un ouvrage réalisé par la rédaction du site Universimmo.com (3), réglant dans le détail à la façon d’un règlement de copropriété petits et grands aspects de la vie commune, des plus quotidiens comme la répartition des dépenses, aux plus graves comme la défaillance d’un colocataire à régler sa quote-part… Un modèle de comptabilité du “pot commun” y est aussi proposé.

Un guide de la colocation est également proposé par les sites Colocation.fr et Kel-coloc.fr (4), avec de nombreux conseils pratiques et juridiques mais plus orienté sur les critères de cooptation, conseils du “psy” pour prévenir les conflits et les régler au mieux, etc. Un “guide de survie” est aussi proposé sur ces sites, complétant ainsi la panoplie nécessaire à ceux qui, tentés par l’aventure, veulent mettre toutes les chances de leur côté pour éviter qu’elle ne se transforme en galère…