14/05/08
Colocation: L'auberge à la Française
1994, la France découvre la colocation par le biais de la série Friends. 14 ans plus tard, ce mode de vie est entré dans les mœurs et fait de plus en plus d’adeptes.
Stéphane Deléglise, fondateur du site Roomlinker.com, revient sur un phénomène qui dépasse largement le cercle des étudiants désargentés.
En fait, tout le monde. La colocation aujourd’hui touche toutes les catégories de population.
Les étudiants restent néanmoins les premiers acteurs du mouvement. En général, on les retrouve beaucoup dans les villes étudiantes comme Grenoble, Tours, Montpellier, Lille…
Les jeunes actifs s’y mettent aussi, surtout en région Parisienne et dans les grandes villes, pour compenser la cherté des loyers.
Plus original, les mamans célibataires ou divorcées apprécient la formule tant pour le côté financier que pour rompre la solitude. A travers la colocation, elles trouvent l’opportunité de recréer une sorte de cellule familiale pour leurs enfants. Enfin, on retrouve beaucoup de gens à forte mobilité géographique : du personnel de bord des compagnies aériennes, des jeunes en alternance qui travaillent loin de leur lieu de formation… Très mobiles, ils n’ont pas envie de payer plein pot un logement qu’ils n’occupent pas souvent.
A l’inverse, les couples ont du mal à trouver leur place dans ce mode de vie. Une colocation est basée sur la notion d’équité entre les habitants du logement. L’entrée d’un couple brise cet équilibre.
La colocation est née à New-York et à Londres. Dans ces villes, les loyers sont tellement élevés que la colocation est considérée comme un moyen normal de se loger. Et au vu de la « Londonisation » de Paris en terme de prix, la colocation devient souvent le seul moyen de rester dans Paris intra-muros pour les jeunes actifs et les étudiants.
Aujourd’hui, pour 400 € mensuel, vous pouvez à peine louer une chambre de bonne de 9 m2 sous les toits. Alors qu’en colocation, vous pouvez disposer d’une chambre de 20 m2 dans un appartement de 90 m2, à condition de le partager avec deux autres personnes.
A vrai dire, le choix est vite fait. Preuve de l’évolution des mœurs, une proposition de loi déposée au début de l’année à l’Assemblée nationale et qui envisage d’ouvrir les logements publics, type HLM, à la colocation. Une affaire à suivre…
La simplicité tout d’abord. En coloc’, on se rencontre, et si le feeling passe, on paye ses deux mois de caution et on peut poser ses valises de suite pour un mois ou un an. Pour le bail, un avenant pour inscrire le nouveau locataire suffit. Dans le cadre d’une démarche de recherche d’appartement en location, il faut chercher le lieu, monter son dossier, trouver un garant, convaincre les propriétaires souvent réticents, surtout pour les jeunes.
C’est une démarche assez longue et complexe.
Alors pour un étudiant qui monte faire un stage ou un CDD de quelques mois dans une grande ville loin de son domicile, la colocation s’avère la solution la moins chère, et la moins complexe en termes administratif.
Notre site est basé sur la vidéo. Les internautes ont donc la possibilité de visiter les lieux et discuter avec les occupants à distance. C’est un plus quand on doit venir de loin pour s’installer.
Ancien Erasmus, je mise aussi sur l’effet Auberge Espagnole qui ne se dément pas. Roomlinker existe déjà en version espagnole et anglaise et nous travaillons à une version allemande. Nous voulons ainsi nous positionner sur le flot des échanges internationaux.
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