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Actualité

15/09/07

Petite coloc entre amis

La fin de l'année approche, et voilà que vous redoutez déjà le moment où il vous faudra trouver un nouveau logement pour vos études. Entre studios trop petits, chambres universitaires et appartements hors de prix, le choix est souvent restreint pour l'étudiant célibataire. Gardez espoir. A défaut de trouver l'âme soeur, une alternative s'offre à vous : la colocation. De l'expérience positive à la sauce Auberge espagnole à la guerre déclarée dès le premier mois de cohabitation, les tranches de vie des colocataires ne manquent pas d'anecdotes et de points de vue divergents.

Les sites consacrés à la colocation affluent, les petites annonces aussi. Mais difficile de faire son choix. C'est un peu comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Les descriptions de votre (vos) futur(s) com pagnon(s) sont souvent sommaires et ne vous garantissent pas la qualité de la «marchandise». A ceux qui ont la chance d'établir une colocation par affinité, le problème ne se pose pas. Au contraire, pour ceux qui arrivent dans une ville sans la moindre attache, la recherche peut s'avérer être tout sauf une partie de plaisir. Donc pas de précipitation. Inutile de sauter sur la première proposition venue. Vous pourriez très vite le regretter. A ce titre, il est bien de passer par votre école ou votre université. Vous aurez davantage de chances de tomber sur une ou plusieurs personnes qui vous correspondent : études similaires, âge à peu près équivalent, même campus... Autant d'arguments qui feront que, sur le long terme, votre colocation évitera les écueils de l'inconnu.

Les mauvaises surprises de la vie en communauté, Livio, 25 ans, en dernière année de master média à l'ESCP-EAP, a pris soin de les contourner. Les deux personnes avec qui il partage un confortable 115 mètres carrés sont des amis de longue date. «Ici, tout le monde a sa petite indépendance. Nos tempéraments sont assez proches, ce qui évite les clashs. Dans l'ensemble, et sans prétention, nous sommes des gens assez faciles à vivre...» Des règles ? Pas tout à fait. «Excepté des «celui qui fait la cuisine ne fait pas la vaisselle», on fonctionne plutôt au feeling. Même si le coeur du problème reste les courses», ajoute-t-il, apparemment amusé. Un frigo vide peut-être, mais des soirées qui se terminent la plupart du temps à plus de trois. «C'est la loi inhérente aux colocs. On invite des amis qui invitent leurs amis à leur tour.»

Pour Aurélien Quancart, 21 ans, en quatrième année à Sciences-Po Bordeaux, pas question de rentrer dans cette logique. «Nous avons tout de suite tenu à instaurer des règles. Les études nous prenant la majeure partie de notre temps, il est impossible de se coucher tous les soirs à 4 heures du matin. Nous avons donc limité les passages. En général, les gens comprennent.» Comme il s'attache à le souligner, «la colocation reste avant tout un excellent compromis financier, au-delà de la formidable aventure humaine qu'elle représente».

Toutefois, il convient de rappeler qu'au jeu du colocataire parfait tout le monde n'est pas gagnant, comme en témoigne Laura, 22 ans, étudiante en théâtre, qui est passée par un site spécialisé. «Au bout de deux mois, ce n'était déjà plus possible ! Le moindre détail posait problème. Il s'agissait juste d'une incompatibilité de caractères. Je suis partie du jour au lendemain. Au départ, il paraissait pourtant sympa...», admet-t-elle avec du recul. Depuis, Laura a trouvé son bonheur. Même expérience pour Frédérique, 21 ans, étudiante en MSG à Assas, qui a partagé un logement avec deux soeurs de son âge. «Passé un certain temps, on ne communiquait plus que par mots interposés sur le frigo. J'ai tenu le coup, et c'est finalement elles qui sont parties.»

Sans aller jusqu'à donner raison au proverbe «le plus gêné s'en va», il convient, pour chaque personne qui souhaite se lancer dans un projet de vie collective, d'analyser les paramètres qui lui semblent essentiels. Si la principale règle demeure le bon choix de vos coéquipiers, parfois les meilleurs amis s'avèrent être les pires colocataires. Au final, pas de recette miracle et un mode de vie qui laisse la part belle au hasard et à la chance. A vous de vous jeter à l'eau.